| |
     
|
ans les Vaux comme partout ailleurs en Faerûn, la religion joue un rôle prépondérant dans la vie de chaque individu. Plus qu’une simple « vénération des mauvais jours » et infiniment plus viscérale que le distant remerciement du fermier pour l’entité mythique qui lui a « donné » son champ, le divin fait parti de la vie. Il ne faut pas croire que tous ont rencontrés les avatars du Temps des Troubles ; néanmoins, le fait que certains aient pu contempler le visage des dieux a suffit à enraciner profondément la croyance. Inutile de s’étendre plus avant au sujet des prêcheurs qui obtiennent de leur foi d’incommensurables pouvoirs : croire au Panthéon n’est justement plus une affaire de croyance. C’est un fait. Comment demeurer sourd aux cris de la déesse nourricière qui se meurt sous les coups des haches ? Est-il seulement possible d’ignorer le glaive de la justice qui toujours finit par s’abattre sur ceux qui l’ont défié ? L’athéisme est un concept qui peine à se justifier devant la multitude des influences de l’Au-delà, du monde des Immortels. Quiconque a posé la main sur la rondeur parfaite des pommes des vergers cormyriens ou a goûté la chaleur apaisante des bières valiennes au cœur de l’hiver sait qu’il est un ordre qui transcende l’existence ; celui-là sait qu’il est des êtres pour qui le temps n’est pas une condition, mais un manteau dont ils se couvrent et se parent selon un ordre qu’eux seuls connaissent.
Concrètement, si tous ne se sentent pas obligés de vouer un culte à une divinité particulière, nul ne commet l’erreur de ne pas reconnaître la puissance de ces êtres des êtres, tout-puissants et colériques. En ce sens, que coûtent quelques pièces versées au temple dans l’espérance d’un succès ultérieur ou d’un pardon ; ce vis-à-vis de quoi le prix du dédain paraît immense. En ce sens, tous savent qu’une petite prière à un autre dieu que le sien n’est pas péché. Au contraire, le forgeron qui vénère Gond demandera certainement à Tempus de guider son marteau afin de rendre sa création efficace. Chaque dieu ayant son domaine d’influence, il est facile de comprendre l’adage qui veut qu’il « convienne de s’adresser au bon seigneur lorsque la vie nous conduit en ses terres ». Parallèlement, il est notoire que la parole du prêtre n’est jamais bien loin de celle d’une divinité, même s’il ne s’agit pas de celle que l’on croît. Les gens de religion incarnent ce monde inaccessible pour le commun des mortels qu’est le Panthéon. Qu’est la pauvre raison humaine contre celle des dieux et de leurs envoyés à qui ils se sont révélés et se révèlent encore ?

Le Cercle de Feldorn
Chaque grande région possède ses propres divinités, qu’elle chérit ou maudit tout particulièrement. Ce n’est pas que l’influence de ces entités se limite à une parcelle de terre, mais la connaissance des mortels, elle, est limitée. Aussi, il est impossible de savoir avec certitude si les noms de tous ces dieux ne sont pas en fait ceux d’un seul et même être ou de quelques uns qui seraient vénérés multiplement. Les Contrées du Mitan ont, à ce qu’il me semble, un panthéon si complet et équilibré, qu’il laisse penser à une inspiration des puissances supérieures, comme si ce peuple émergeant avait été choisi pour connaître la Vérité en ce qui a trait aux dieux. C’est pourquoi j’ai cru bon de créer le Cercle du Panthéon. Chacune des entités qui le composent a son pendant, opposé par nature et par domaine, qui le tempère par la contradiction pure et simple. Flanquée tour à tour d’autres divinités, chacune représente un aspect indissociable d’une autre. Le tout, juché sur le pourtour du labyrinthe de l’existence, dédale culminant dans la figure même du Cercle, symbole d’unité, d’infinité et de complétude.

|