An 1478
a légende veut que les statuettes aient été fabriquées à la demande d’Ao, Père de tous les dieux, afin que surgisse un nouvel ordre lorsque les tables de la loi auraient cessées d’être considérées. Liées par une puissante magie à la constellation du Commencement, elles avaient le pouvoir de changer la surface de Toril selon la volonté de l’être qui les posséderait toutes les trois et qui saurait accomplir le rituel adéquat. On peut entendre, lorsque l’on s’aventure dans les coins les moins recommandables de Faerûn, que ces trois artefacts se trouvèrent regroupés en une région que l’on nommait autrefois Valforest. C’est en cet endroit que d’étranges histoires émergent, faisant mention de complots entrelacés pour contrôler la puissance brute de ces objets mythiques. On raconte que plusieurs factions convoitaient lesdites statuettes de Garn pour leur propre profit, mais qu’au final, elles ne purent que s’entre-déchirer. Si cruel est le pouvoir de ces petites figurines qu’elles ne sauraient être possédées par un seul propriétaire sans qu’il fut d’ascendance divine. Et pourtant Ao, si tant est qu’il fut bel et bien la main derrière le travail de Garn, laissa faire le massacre. Un ordre secret déplaça monts et montagnes pour être seul détenteur de la magie divine des statuettes, semant mort et destruction sur son passage. Tout cela pour servir un objectif qui, s’il n’était pas pure soif de pouvoir, demeure obscur. De même, le Réseau Noir, mieux connu sous le nom de Zhentarim, fit usage de toute son influence pour obtenir l’objet de sa convoitise. On dépêcha agents et soldats afin d’endiguer les éventuels aventuriers qui auraient pu désirer les statuettes. Les plus puissants mages firent usages de leurs sortilèges afin que le travail de Garn revienne à l’Organisation. Pourtant, ils ne purent obtenir qu’une seule statuette, à l’instar de l’ordre secret d’ailleurs, malgré tous leurs efforts. Ceci, étant donné l’étrange participation des druides à cette histoire… Regroupés sous la tutelle d’un nouveau chef, le fils de la louve comme on l’appelait, les druides tentèrent de miner les activités des deux groupes belligérants afin d’eux-mêmes obtenir les statuettes. À ce jour, personne n’a encore pu comprendre avec assurance ce qu’ils pouvaient bien chercher à accomplir. On avance qu’il se pourrait qu’ils aient voulus protéger le Valforêt de l’influence malveillante de l’ordre et du Réseau Noir, ou alors qu’ils souhaitaient régénérer la forêt, souffrante sous l’action incessante des hommes. Néanmoins, bien présomptueux est celui qui prétendra avoir cerné avec certitude la visée des druides dans ce conflit. Toujours est-il qu’ils n’obtinrent aucune des trois fameuses idoles. C’est un groupe d’aventuriers aguerris qui ravirent la dernière au prix d’une farouche lutte avec le Zhentarim.
es ragots les plus controversés sur les implications d’Ao dans notre histoire viennent de Blancorbeau, la taverne de Bois-Brillant. On peut y entendre, lorsque les enfants dorment et que les volets sont clos, qu’une créature mystérieuse fit son apparition au cours de la nuit première de la formation du Commencement. Jacob l’indécis, dont les légendes disent qu’il fut maudit par le Père des dieux lui-même, apparut non loin de Bois-Brillant, afin d’offrir un choix à la population locale. À ce qu’il semble, le marché proposait d’échanger la vie d’une jeune fille portée disparue contre un rituel qui permettrait de clore un portail menant au plan des ombres ; porte s’étant ouverte on ne sait trop comment. Les villageois courageux réussirent à négocier avec Jacob pour finalement repartir avec la fille et le rituel, laissant derrière eux le cadavre d’un des leurs, emportant également à Bois-Brillant mépris, médisance et rumeurs de tromperie. Quant à la jeune fille rescapée, elle mourut quelques jours plus tard d’une cause inconnue. Son père pleura longtemps le deuil de sa fille chérie. Pour lui, son trépas ne pouvait provenir que du chagrin d’avoir perdu celui qu’elle aimait. Lui-même s’en voulut tellement de n’avoir pas su comprendre les sentiments de sa petite fille et de s’être opposé à ses passions qu’il se pendit à l’endroit même où était apparu Jacob dit l’Indécis. Il laissa à ses proches dettes, chagrins et désespoir. C’est sans doute ce qui mena le plus jeune du clan à confier cette tragédie à un prêtre de Talos, en visite à Bois-Brillant, sûrement dans l’espérance qu’il saurait apaiser sa souffrance, ou encore qu’il allégerait le fardeau qui pesait sur sa famille, prostrée dans la pauvreté. Ce n’est toutefois pas ce qui arriva. Le prêtre s’en fut, emmenant le garçonnet avec lui, et disparut de la vie publique. Des rumeurs mentionnent qu’un prêtre du clergé de Talos logea quelques temps à Valombre accompagné d’un jeune garçon aux yeux crevés et visiblement terrifié. On raconte que ce duo remarquable fut aperçu ensuite à Arabel au Cormyr. Là s’arrête la piste du mystérieux religieux. Là débute l’histoire nouvelle de Bois-Brillant, laissée à elle-même par les autorités du Valbrume, boudée par les clergés de celui-ci et déchirée par les conflits garniens. Alors même que le paysan craignait pour sa propre survie allaient naître de nouveaux héros… de même que de nouveaux périls !
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